samedi 24 juillet 2021

Ruban intime

Collectif, Ruban intime, Paris : éditions courtes et longues, 2021

Quatrième de couverture : Le ruban, simple bout de tissu en apparence, porte en lui l'histoire culturelle de l'intime et témoigne de l'évolution des formes et de l'esthétique des corps. Fait pour cacher, protéger, maintenir, soigner ou encore dévoiler le corps, il raconte une histoire des hommes et des femmes.


Cet ouvrage est publié à l'occasion d'une exposition temporaire sur le ruban intime au Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne. Elle est actuellement visible jusqu'au mois de novembre 2021. La préface a été rédigée par Chantal Thomass, créatrice française de lingerie et de sous-vêtements. Les textes ont été réunis sous la direction de Sylvain Bois, responsable "Unité scientifique et collections, musées de la ville de Saint-Etienne". 


Le format du livre est original car il se lit à la verticale. Dans cet ouvrage consacré au ruban intime, les collections de Chantal Thomass et celles du Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne sont valorisées. Le texte est intégralement traduit en anglais. Il y a aussi un glossaire pour comprendre les mots plus techniques. Le livre est très bien illustré avec des photos et des reproductions de qualité : sous-vêtements, lingerie, ateliers de confection, publicités, tableaux en lien avec le sujet.  


Le livre est divisé en trois parties la première porte sur "l'épopée des rubans" la deuxième plus spécifiquement sur la production de rubans à Saint-Etienne sous toutes ses formes et la dernière a pour objet "l'intime et le corps". Des scientifiques et des professionnels font part de leur approche diversifiée sur le thème du ruban intime. Elles portent sur l'histoire des fabricants de rubans à Saint-Etienne ou sur le ruban en tant que soin etc. Ces textes sont réservés à un lecteur averti. Je n'ai pas vu l'exposition et je n'ai aucune connaissance sur le ruban intime donc j'ai été un peu ennuyée face à la complexité de certaines contributions.  


Les textes thématiques sont entrecoupés de focus rédigés par Sylvain Besson qui est en charge des collections textiles du musée. Ces focus sont plus accessibles pour le grand public. Ils n'ont pas forcément de rapport avec le texte scientifique. Sylvain Besson nous propose par exemple un focus sur  "Les rubans pour la lingerie et la marque de la Marquise de Pompadour" ou un autre focus sur "Les producteurs de tissus pour corsets et gaines". 


C'est un très bel ouvrage, très complet sur la thématique du ruban intime. Toutefois, il est réservé à des lecteurs qui ont vu l'exposition ou qui s'intéresse de très près au ruban intime. 

Le Paris de Napoléon de Pascale Fautrier

Pascale Fautrier, Le Paris de Napoléon, Paris : éditions Alexandrines, 2021

Présentation de l'éditeur : "Comment un jeune étranger, prononçant mal le français, épris de l’antique liberté républicaine et communaliste de sa petite île de Corse, a-t-il pu s’endurcir au point assez fou de se prendre pour Charlemagne et se faire couronner par le pape dans Notre-Dame ? Pourquoi son aventure humaine et inhumaine a-t-elle été si longtemps en Europe et ailleurs un modèle d’accomplissement viril ?"


L'arrivée de Napoléon en 1784 dans la capitale est point de départ de la visite de Paris qui nous est proposée par  Pascale Fautrier. 

L'auteur nous plonge dans les bruits, les odeurs de Paris. Elle nous explique par exemple que l'éclairage public a été inventé par Lebon, les trottoirs et les caniveaux ont été aménagés en 1779. Un système de gouttière a été placé sur certaines maisons mais pas toutes car nous sommes aux prémisses de ces aménagements urbains. 

J'ai particulièrement apprécié le voyage historique dans Paris entre 1784 et 1815 plutôt que la position de l'auteur sur Napoléon et les pensées du jeune protagoniste. La vie quotidienne des Parisiens est décrite avec beaucoup de justesse. Nous sommes plongés dans l'univers parisien à la fin du 18ème siècle. 

Toutefois, pour une personne n'habitant pas Paris, il n'est pas facile de se repérer dans l'espace. Il manque un plan dans le livre pour suivre les pas de Napoléon.


Merci à Babelio et aux éditions Alexandrines. 


vendredi 16 avril 2021

30, rue de Saintonge de Françoise Dag'Naud

Françoise Dag'Naud, 30, rue de Saintonge, Paris : Larousse, 2021 320 pages. 

Quatrième de couverture : Juin 1794, massacres, exécutions, meurtres, viols... la Grande Terreur ensanglante la France. Axel, jeune lieutenant du prestigieux régiment de dragons de Paris, échappe de justesse à la guillotine. Il est attiré à Arras par le sinistre Le Bon, âme damnée de Robespierre. Sa mission : retrouver son ancien capitaine accusé de trahison. De prisons sordides en auberges pouilleuses, de réunions secrètes en rencontres sulfureuses, il va devoir déjouer les pièges qui lui sont tendus et découvrir un secret qui touche l'un des plus hauts personnages de la Révolution.

Pendant la Terreur, Axel de Sainte Croix, lieutenant des Dragons, est arrêté alors qu’il se rend à Arras pour rendre visite à son frère. Il est condamné à mort, mais à la sortie de son procès, il est enlevé pour être amené dans le bureau de Joseph Le Bon. Ce dernier est député dans le secteur et mène une politique de terreur vis à vis des opposants à la Révolution qui finissent sous la guillotine. Le Bon détient en prison la mère d’Axel et l’oblige à enquêter sur le capitaine Villiers, son ancien chef, qui aurait mystérieusement disparu.

Ce roman est rempli de clichés. Par exemple, d’un côté les gueux du peuple et de l’autre les nobles très raffinés. Les femmes du peuple sont souvent des prostituées. J’ai très vite été agacée par cette histoire malgré le rythme effréné et de nombreux rebondissements. De plus, l’auteure a choisi d’utiliser le langage de l’époque, probablement pour plonger le lecteur dans l’atmosphère de la Révolution, mais ce n’est pas une réussite. Je n’ai pas été convaincue par l’histoire d’Axel de Sainte-Croix. De plus, le conjoint de l’auteur se permet d’encenser le roman en préface, c’est extrêmement maladroit.

Merci aux éditions Larousse et à Babelio. 


samedi 10 avril 2021

Alice doit mourir de Diego Arrabal

 

ARRABAL Diego, Alice doit mourir, Morlaàs : éditions Cairn, 2021, 336 pages. 

Quatrième de couverture : "Pour régler la succession de sa grand-mère qui vient de décéder, Alice revient dans le hameau des Pyrénées où, petite, elle passait toutes ses vacances. Une fois sur place, prise de nostalgie et en proie à une profonde remise en question, elle décide de s'installer dans la propriété familiale plutôt que de la vendre. Commence alors une série d'événements étranges, de plus en plus graves, dont certains voisins lui attribuent l'origine, sous-entendant qu'elle serait une sorcière. L'entente au sein de la petite communauté vole en éclat, tandis qu'Alice qui se sent surveillée est directement menacée de mort par un énigmatique corbeau."

Alice reçoit en héritage de sa grand-mère une maison dans les Pyrénées. C'est une jeune femme parisienne qui a une bonne situation professionnelle et une vie confortable. Alice choisit de tout plaquer, même son compagnon, pour aller vivre à Pédebosc dans la maison de sa grand-mère. Elle y retrouve Ernest avec lequel elle jouait quand elle était enfant et d'autres habitants plus ou moins proches de sa famille.

Après son arrivée, d'étranges événements se déroulent au sein du village. Alice est alors accusée d'être une sorcière comme sa grand-mère et d'être à l'origine des phénomènes surnaturels qui font des ravages dans le secteur. La police s'en inquiète peu jusqu'au jour où il y a un meurtre. Trois experts sont envoyés sur place pour mener une enquête non-officielle : un apprenti exorciste, une femme des renseignements généraux et un chercheur. 

Les événements semblent être reliés à Alice et à son histoire familiale d'autant qu'un corbeau lui envoie des courriers pour qu'elle quitte le village. De plus, la jeune femme se sent constamment observée. En parallèle, il y a des conflits de génération entre tradition et modernité, Alice est au cœur de ces querelles. 

Il y a une certaine tension à Pédebosc. L'auteur réussit à créer une ambiance pesante. Habituellement, je ne suis pas très fan des romans de terroir mais celui-ci s'en sort bien car c'est un roman policier qui est bien ficelé. L'écriture est parfois un peu maladroite mais cela n'enlève rien à l'intérêt de l'histoire. Le dénouement est surprenant. Il amène à réfléchir sur l'ensemble du récit. 


Merci aux éditions Cairn et à Babelio



jeudi 25 février 2021

Les voleurs de curiosités Jess Kidd

Jess Kidd, Les voleurs de curiosités, Paris : Les Presses de la Cité, 2021


Quatrième de couverture : "Londres, 1863. Bridie Devine, détective spécialisée dans les affaires délicates, s’attaque au cas le plus insolite de toute sa carrière. Christabel Berwick, l’héritière d’un baronnet, a été kidnappée. Mais la fillette n’est pas une enfant ordinaire. Son existence a été cachée aux yeux de tous et ses étranges talents semblent autant effrayer son entourage qu’ils attirent l’attention des collectionneurs de curiosités. Aidée dans sa quête par le fantôme tatoué d’un boxeur mélancolique, Bridie suit pas à pas les traces laissées par les ravisseurs, replongeant malgré elle dans un passé qu’elle a tenté d’oublier. Résurrectionnistes, saltimbanques mercenaires, créature aquatique légendaire : autant de personnages qui hantent les pages de ce roman où le spectacle est roi, et qui fait la part belle à une enquête digne des plus grandes énigmes policières."


Bridie Devine spécialiste des "investigations domestiques", a pour métier de résoudre des affaires complexes. C'est un petit brin de femme, veuve, rousse et très dynamique. Elle est d'abord contactée pour aller voir un cadavre de femme emmurée avec son enfant dans la crypte d'une chapelle. Toutefois, l'affaire lui est retirée et le corps disparait mystérieusement. A cette occasion, elle rencontre un fantôme, Ruby un ancien boxeur, qui va la suivre dans ses enquêtes. Après cette affaire peu banale et dont il n'y a pas de suite au début du roman, elle est appelé par un notable. En effet, son enfant a été kidnappée. Christabel est en réalité une enfant cachée dont personne ne connaît l'existence. La jeune fille a des dons particuliers. 

L'histoire se déroule à l'époque victorienne dans l'Angleterre du XIXème siècle. C'est parfois une caricature notamment lorsque l'auteure décrit les bas-fonds de Londres. Les thèmes de cette histoire concernent le monde des "freaks", créatures monstrueuses qu'on montre au public dans les cirques ou qu'on étudie dans le monde de la médecine. Il est question aussi de cadavres volés pour des études anatomiques, de chirurgie et de médecine.

Le kidnapping de l'enfant a un lien avec l'histoire personnelle de Bridie. Jess Kidd fait des flash-back et alterne les chapitres entre passé et présent pour tenir le lecteur en haleine. 

J'ai passé un bon moment avec ce roman, même s'il n'a rien d'exceptionnel. J'ai eu l'impression de "déjà vu" en matière de roman victorien sur cette thématique spécifique. La couverture du livre correspond bien au thème de l'histoire contrairement à l'avis d'autres lecteurs. C'est en effet, une histoire assez sombre.  

Merci aux éditions Presses de la Cité et à Babelio.

Lu pour A year in England, 

sur le thème époque victorienne - février 2021