mardi 17 mai 2016

Ciel d'acier de Michel Moutot

Michel Moutot, Ciel d'acier, Paris : Le cercle point, 2016, 456 pages.

Quatrième de couverture : "Chalumeau en main, John LaLiberté, ironworker comme ses ancêtres, sectionne l’acier à la recherche de survivants. Les Twin Towers viennent de s’effondrer sous ses yeux. Depuis le premier rivet porté au rouge dans un brasero, jusqu’à la construction de la Liberty Tower, six générations de Mohawks ont bâti l’Amérique. La légende dit qu’ils n’ont pas le vertige. Peut-on apprendre à maîtriser sa peur ?"

Ciel d'acier commence par les attentats du 11 septembre 2001 à New York. John LaLiberté est sur un chantier lorsque les tours jumelles du World Trade Center sont frappées par deux avions. John est un Indien Mohawk, il exerce la profession d'ironworker, c'est à dire "monteur d'acier" sur les grattes ciels et les ouvrages de grande envergure. Les ironworkers sont envoyés sur les ruines des Twin Tower pour essayer de retrouver des survivants puis ils participent au déblayage. 

Michel Moutot réussit à nous faire ressentir l'enfer du chantier et le désespoir des sauveteurs. Les attentats sont décrits d'une manière très réaliste. Le style est un peu trop journalistique mais il reflète bien l’ambiance pesante de ces événements.

Après la disparition des tours jumelles, c'est un autre chantier qui s'ouvre, les ironworkers sont mobilisés sur la construction du One World Trade Center qui remplace les deux tours. L’auteur évoque plus largement le quotidien des Indiens de Kahnawake (Canada) qui font le déplacement entre leur réserve et le chantier.

Le roman est divisé en plusieurs périodes. Michel Moutot dresse un portrait des Mohawks à la fin du XIXème siècle. Ils sont alors embauchés pour naviguer sur les fleuves du Canada. Puis, ces Indiens navigateurs hors pairs, sont envoyés, par les Anglais, à la reconquête du Nil en Égypte.

Une autre partie concerne les années 60, c'est alors la construction des tours jumelles du World Trade Center. Le père de John, Jack LaLiberté participe au chantier. En effet, le métier d’ironworker se transmet de père en fils et les Indiens sont réputés pour ne pas avoir le vertige. Michel Moutot évoque les techniques de construction de ces géants d'acier dont les pièces détachées arrivaient par l'eau.

L'auteur propose aussi quelques chapitres qui se déroulent aux environs de 1907 à Québec. Suite à une erreur monumentale d'un ingénieur peu scrupuleux, l’un des aïeuls de John sera porté responsable de la disparition de ses pairs dans l’effondrement d’un pont. Ce drame ne sera pas sans conséquence pour sa descendance.

La vie dans la réserve est abordée à travers tous ces destins : les traditions, les coutumes etc. L’intérêt de toutes ces histoires c’est qu’elles sont liées, elles s’entremêlent pour n’en former qu’une.

La dimension réaliste de ce roman m'a beaucoup plu ainsi que la construction du récit. L'auteur s'est beaucoup documenté. J'ai vraiment eu un coup de cœur car l'histoire des ironworkers Mohawks est bouleversante.

Merci aux éditions du Cercle Points






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