dimanche 18 juin 2017

Le chat et les pigeons d'Agatha Christie

Agatha Christie, Le chat et les pigeons, Paris : Le livre de poche, 192 pages.

Présentation de l'éditeur : "Le plus anglais des milieux anglais: Meadowbank, collège très snob qui accueille les jeunes filles du gratin londonien, de la gentry du Commonwealth et de la crème des Émirats.   Dans cet univers si distingué, clochent quelques menus détails. À commencer par l'arrivée d'un jardinier beaucoup trop jeune et d'une tournure bien trop élégante. Ce qui est encore plus choquant, c'est l'assassinat du professeur d'éducation physique. Comme il a beaucoup été question d'un petit sac de pierres précieuses, que l'une des pensionnaires est une princesse orientale, que Scotland Yard et l'Intelligence Service s'intéressent à Meadowbank, on peut se demander si les pierres n'ont pas pris le chemin du collège. Alors, alors... il n'y a que Poirot qui puisse percer tant de mystères."

Le roman se divise en trois parties. Dans la première partie, on apprend que Bob Rawlison est chargé de protéger le prince Ali Yusuf de Ramat et ses diamants. Or, ils meurent tous les deux dans un accident d'avion plus que suspect. 

Heureusement grâce à un tour de passe passe, les diamants ont pu être transférés en Angleterre. La nièce de Rawlison, Jennifer est interne à Meadowbank, un pensionnaire prestigieux pour jeunes filles fortunées. 

Dans cet internat de jeunes filles où tout parait tranquille, il y a une série de meurtres, il s'agit de la deuxième partie de l'intrigue. 

Dans la dernière partie, l'une des pensionnaires s'échappe de l'école pour avertir Hercule Poirot qui va résoudre l'énigme de ces meurtres. 

J'ai apprécié ce roman car il y a Hercule Poirot. Au début j'ai eu un doute, car le personnage n'arrive qu'en troisième partie du roman. 

J'avais vu cet épisode, il y a très longtemps à la télévision. Je gardais donc cette lecture pour plus tard. Je ne me souvenais plus du dénouement et du coupable. J'avoue avoir été surprise une fois de plus. 

J'aime toujours autant la méthode d'Hercule Poirot. L'univers de Ramat et du pensionnat m'a également plu. C'est encore un très bon roman d'Agatha Christie.


Lu dans le cadre du mois anglais organisé 





vendredi 16 juin 2017

Une autobiographie d'Agatha Christie

Agatha Christie, Une autobiographie, Paris : Le Livre de Poche, 992 pages, 2007.


Présentation de l'éditeur : "Je suis censée m'atteler à un roman policier mais, succombant à la tentation naturelle de l'écrivain d'écrire tout sauf ce dont il est convenu, me voilà prise du désir inattendu de rédiger mon autobiographie" Publiée pour la première fois en 1977 en Angleterre, l'autobiographie d'Agatha Christie nous permet d'entrer dans l'intimité d'une femme au destin incroyable. Sacrée "reine du crime" de son vivant, elle connut un succès mondial. C'est avec un humour ravageur qu'elle se raconte : ses souvenirs d'enfance, le naufrage de son premier mariage, sa relation particulière avec sa fille et , bien sûr, sa passion pour le suspense et la littérature... Mais ce que l'on retiendra surtout chez cette femme qui met si bien la mort en scène, c'est son admirable appétit de vivre"



Agatha Christie nous décrit son enfance, son adolescence puis son entrée dans le monde. Sa vie se déroule dans la société bourgeoise anglaise du début du XXème siècle. Elle vit les derniers instants de l'époque victorienne à travers ses grands-mères. 

La jeune femme s'intéresse au monde dans lequel elle évolue. Son autobiographie prouve son attachement aux maisons, aux trains qui marqueront sa vie et son oeuvre. Elle revient également sur son inspiration, sur comment elle a été publiée car en réalité elle ne se destinait pas à devenir écrivaine. 

Ce livre est agréable à lire mais il y a un certain nombre de longueurs et de répétitions. Elle détaille au maximum sa vie de sa naissance jusqu'à sa séparation avec Archie Christie. Elle devient plus discrète sur la seconde partie de sa vie, peut-être est-ce par choix ou pour préserver son entourage qui vivait encore à l'époque de la publication de cet ouvrage. Elle garde le silence complet sur sa disparition en 1926. 

Agatha Christie évoque de manière succincte les fouilles et les voyages avec Max Mallowan son second mari. Il est intéressant à cet effet de lire son autre livre "La romancière et l'archéologue" en supplément son autobiographie pour mesurer toute l'ampleur des recherches de son mari et son expérience personnelle au Moyen-Orient.

Il s'agit d'une autobiographie donc, elle n'est pas objective sur certains éléments. La période de sa vie qui m'a semblé la plus intéressante est celle qui se situe autour de la Première Guerre Mondiale (1914-1918)

Livre lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou et Cryssilda



et pour le challenge Agatha Christie organisé par George. 


mercredi 14 juin 2017

Basil de Wilkie Collins

 Wilkie COLLINS, Basil, Paris, Phébus, 368 pages, 2001


Présentation de l'éditeur : Écrit en 1852, Basil est, sous la crinoline des robes victoriennes, le plus sexué des romans de Collins : un jeune homme innocent, introverti et issu de l’aristocratie anglaise s’engage dans un mariage qui ne tarde pas à se révéler le pire des traquenards. Quelle idée de s’unir par amour à la première venue ? Pourquoi devenir à ce point aveugle et sourd dès qu’une femme vous ensorcelle de merveilleuses promesses inconvenantes ?! Sans pitié pour son lecteur, Collins ne lui fait guère de cadeau et puise dans ses observations quotidiennes pour raconter cette étonnante histoire.



Basil est un jeune homme issu de l'aristocratie anglaise. Comme tout gentleman de la bonne société du 19 ème siècle, il doit faire un bon mariage avec une femme de son rang. Suite à un coup de foudre et sur un "coup de tête", il se marie secrètement avec une roturière fille de marchand, dénommée Margaret. En réalité, Basil est manipulé par la jeune femme et son entourage. 

Le narrateur de l'histoire c'est Basil qui nous livre son expérience malheureuse par écrit. Le roman se termine par quelques lettres de gens extérieurs qui permettent de connaître le dénouement l'intrigue. Basil est un personnage très naïf, il sait parfaitement que son père s'opposera à ce mariage mais il n'en fait qu'à sa tête. Le père de Margaret est un vil personnage et le percepteur de la jeune fille est plus que suspect mais Basil est aveuglé par l'amour. Heureusement, il est entouré de sa sœur Clara et de son frère Ralph qui peut-être pourront le sauver. En effet, lorsque son père découvre le mariage, il décide de renier et de chasser son fils cadet. 

Le récit est parsemé de moments tragiques et de rebondissements, bref on ne s'ennuie pas. Les femmes quelque soit leur rôle dans l'infortune de Basil sont malmenées par l'auteur. On se doute dès les premières chapitres que Basil se fait manipuler mais on ne sait pas tout de suite sur quels aspects. Wilkie Collins fait durer le suspens. Une fois que le masque est tombé on se demande par quels moyens et surtout comment Basil va se sortir de ce guet-apens. 

C'est un bon roman. J'ai apprécié le style de l'auteur. Finalement, je ne regrette pas d'avoir laissé "En quête du rien" pour lire cet autre roman de Wilkie Collins. 


 pour la Lecture Commune, les Victoriens 





mardi 13 juin 2017

Lettres du Bosphore de Sébastien de Courtois

Sébastien de Courtois, Lettres du Bosphore, Paris : Le Passeur, 2017, 256 pages

Présentation de l'éditeur : "Au regard de l’actualité, la Turquie semble entrer dans une longue nuit. Pourtant, Istanbul résiste et survit, phare dans le pays qui sombre. Sébastien de Courtois y réside depuis sept ans et raconte la vie quotidienne des Stambouliotes qu’il côtoie. Ainsi, l’auteur déambule dans les dédales de ruelles des vieux quartiers de Beyoglu face aux côtes d’Asie, fait escale dans les nombreuses meyhane (maisons de vin) bruyantes et enfumées, parcourt la rue des luthiers qui descend depuis le couvent des derviches tourneurs jusqu’à la Corne d’or, ou aime à grimper vers un café sur les hauteurs d’où l’on peut s’extraire de la frénésie de la ville. Partout, le même constat : Istanbul est un endroit où l’on sait boire, où les restaurants ne désemplissent pas, où la musique jaillit partout, et où la vie continue de manière acharnée, quoi qu’il arrive. Ces chroniques de la vie quotidienne, sensibles, emplies de chaleur et d’humanité, à la rencontre des habitants de l’ancienne Constantinople, sont loin du prisme, forcément parcellaire, et du marasme décrits par les médias français."

J'ai séjourné à Istanbul en février 2016, d'où mon intérêt pour cet ouvrage. En effet, Sébastien Courtois nous propose des "lettres" qui sont présentées sous forme de chapitres thématiques et de manière chronologique. 

L'ouvrage commence le 6 novembre 2015 et se conclut fin février 2017, autant dire sur une période où la Turquie et plus particulièrement Istanbul ont connu des bouleversements importants. 

L'auteur constate que la laïcité est en régression, le gouvernement est en train de faire un bon en arrière et de revenir sur les principes instaurés par Mustafa Kemal Atatürk . L'islam est à nouveau au goût du jour et s'invite dans une société laïque. 

Sébastien de Courtois détaille avec précision la montée du pouvoir de Recep Tayyip Erdogan et les conséquences pour les Stambouliotes et l'opposition. Suite à la tentative de coup d'Etat qui se déroule en juillet 2016, le président turc durcit sa purge, emprisonne et spolie les opposants. L'étau se resserre, les journalistes, les fonctionnaires de l'opposition sont également dans le viseur. 

Les autres thèmes abordés sont les chrétiens d'Orient et pas seulement ceux d'Istanbul, ceux qui n'ont pas d'autre choix que l'exil ; les relations internationales notamment celles avec la Russie qui sont actuellement très tendues et l'implication de la Turquie dans la guerre civile syrienne.

Les attentats qui ont touchés le pays sont également développés. Il est intéressant de voir de quelle manière le peuple turc réagit en opposition à celle des Français face à ce type d’événement : Au contraire des rues de Paris, à Istanbul il n'y a pas de plaques mémorielles pour rappeler ces drames, récents et anciens. L'oubli agissant comme antidépresseur, l'oubli comme négation du réel, entre propagande et légèreté de vivre.


La vie culturelle et la vie musicale d'Istanbul sont largement décrites, car malgré la répression, il y a une activité importante, parfois "clandestine".  J'ai été surprise d'apprendre que le café Loti n'est qu'"attribué" à Loti, c'est un lieu que j'ai particulièrement apprécié lors de ma visite à Istanbul. En effet, il s'agirait d'une légende, ce n'est pas certain que Pierre Loti soit venu y travailler. 

Sébastien de Courtois offre un bon aperçu de l'évolution politique, culturelle et sociale d'Istanbul entre 2015 et 2017. C'est surtout ces aspects qui m'ont interpellés. Son épilogue donne  de l'espoir car certes il y a de la répression mais il existe aussi des "chapelles de résistance". 













lundi 12 juin 2017

L'auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier



Daphné du Maurier, L'auberge de la Jamaïque, Paris : Le livre de Poche, 439 pages, 1941.


Quatrième de couverture : "Orpheline et pauvre, Mary Yellan n’a pas d’autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée. Dès son arrivée à l’Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu’elle a connue jeune et gaie n’est plus qu’une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant, qui enjoint à Mary de ne pas poser de questions sur les visiteurs de l’auberge. Auberge dans laquelle, d’ailleurs, aucun vrai voyageur ne s’est arrêté depuis longtemps… De terribles épreuves attendent la jeune fille..."


Mary Yellan, paysanne de 23 ans, vit en Angleterre au 19e siècle. Sur son lit de mort, sa mère insiste pour qu'elle aille chez sa Tante Patience après son décès, ce que la jeune fille accepte. Néanmoins, elle laisse la ferme de ses parents avec beaucoup de regrets. Tante Patience s'est mariée avec Joss Merlyn. Ils tiennent ensemble l'auberge de la Jamaïque. Avant même que Mary atteigne l'auberge, elle rencontre des personnes qui l'avertissent que l'auberge est un lieu de malheur. Les voyageurs et les chevaux ne s'y arrêtent plus car son oncle a une très mauvaise réputation. Daphné du Maurier plante ainsi le décor dans les premiers chapitres.

On découvre rapidement que tante Patience est une femme terrorisée et soumise à son mari. L'oncle fréquente en réalité des vagabonds et des brigands. Mary a du caractère, elle ne se laisse pas impressionnée par son oncle et par ses amis. Elle est surtout très curieuse et découvre rapidement qu'il fait du trafic. Au début, elle ignore de quoi il s'agit mais elle va vite le découvrir.

J'ai apprécié ce roman, car l'auteur réussit à nous tenir en haleine jusqu'au bout. Je n'ai pas lâché le roman car je voulais absolument savoir ce que trafiquait l'oncle Joss.  Les paysages sont si bien décrits : les landes, le vent, la pluie, l'auberge isolée qu'on est rapidement plongé  dans cette atmosphère si particulière. Il y a également un lien fort avec la mer. Il y a peu de personnages et on se demande qui tire vraiment les ficelles. 

L'auteur insiste un peu trop à mon goût sur le rôle de la femme qui doit se tenir aux fourneaux, cela décrédibilise un peu l'intrigue à certains moments car elle le mentionne à plusieurs reprises. 

Malgré ce détail, je dirai que c'est encore un "bon cru" de Daphné du Maurier. Je suis ravie d'avoir découvert ce roman dans le cadre du mois anglais, cela faisait un certain moment que je voulais le lire, c'était l'occasion idéale. 






Livre lu,pour le mois anglais organisé par Lou et Cryssilda lecture commune Daphné du Maurier