lundi 16 juillet 2018

Mai 68 par celles et ceux qui l'ont vécu

Boris Gobille, Christelle Dormoy-Rajramanan, Erik Neveu, Mai 68 par celles et ceux qui l'ont vécu, Paris : Editions de l'Atelier, 2018, 480 pages


Présentation de l'éditeur : Mai-Juin 68, cinquante ans après… L’événement génère encore beaucoup de discours, de confiscations, de raccourcis, mais qui sait comment cet épisode extraordinaire est entré dans la vie de millions de personnes ordinaires ? De Paris à Lamotte-Beuvron, en passant par Lille, Marseille ou Poitiers, plus de cent cinquante témoins de ce moment marquant de l’histoire racontent dans ce livre comment elles et ils l’ont vécu. Enfant de la banlieue rouge, collégienne des beaux quartiers, étudiant algérien en art dramatique, ajusteur, professeur de collège, opératrice des PTT, métallo d’une usine automobile, appelé du contingent, aumônier de jeunes, mère au foyer, directeur d’une maison de la culture, cheminot… Reliés les uns aux autres, leurs récits forment une incroyable fresque. L’élan émancipateur de ce qui fut vécu durant ces semaines mémorables s’incarne de manière polyphonique, à la fois intime et politique. Ces pages forment la trace précieuse, inédite à cette échelle, de ce que fut Mai-Juin 68. Un moment d’histoire dont le souffle a transformé des vies. Un passé si fort qu’il travaille encore le présent. Fruit de la sélection de plus de 300 textes reçus lors d’un vaste appel à témoignages lancé en partenariat avec Mediapart, ce livre a été « orchestré » par trois universitaires spécialistes de Mai 68 : Christelle Dormoy-Rajramanan (docteure en science politique de l’université Paris-Nanterre, chercheuse au CRESPPA-CSU) ; Boris Gobille (maître de conférences de science politique à l’École normale supérieure de Lyon et chercheur au CNRS) ; Erik Neveu (professeur de science politique CNRS Arènes et /Sciences Po Rennes).

En introduction, il est rappelé qu'il existe de nombreuses communications tous les dix ans sur mai et juin 1968. Les auteurs s'interrogent très justement à ce propos : avions-nous vraiment besoin d’un livre de plus sur « mai-juin 68 » ?

L'originalité de cet ouvrage est de présenter un échantillon de trois cents témoignages écrits par des anonymes. Les auteurs précisent que les témoins n'ont pas de profil particulier, pas forcément d'engagement politique et qu'ils font partie de différents groupes sociaux. Des témoignages d'enfants et d'adolescents de l'époque ont même été recueillis. En revanche, il n'y a pas de textes de CRS ou de gardes mobiles ayant été présents sur les manifestations. 

Les auteurs expliquent qu’avant mai 1968 il y existait déjà une accumulation de colère qui a engendré une série de grèves et d'occupations d’usines. La société d'avant 68 est une société où règne un système hiérarchique que ce soit dans le milieu scolaire, familial ou professionnel.

Dans les témoignages de lycéens, certains sont engagés dans les Comités d’action lycéens. Les filles sont impliquées également, mais comme dans la sphère étudiante elles n’ont pas beaucoup la parole au sein des débats. 

1968, c’est aussi l’époque de la guerre au Vietnam, la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis ce que les auteurs n'oublient pas de mentionner.

Plusieurs témoins précisent que dans ce soulèvement d'étudiants et de lycéens, il y avait une sorte de plaisir à se retrouver dans les manifestations. Tout le monde "vibrait dans la même émotion". Souvent, les parents qui ont connu la guerre ne partagent pas du tout le point de vue de leurs propres enfants. 

Dans les usines, mai 68 est marqué par la grève générale et l’occupation. Ce sera la plus grande grève en France depuis 1936. En effet, dans les usines les conditions de travail sont difficiles, les salaires des ouvriers ne sont pas très élevés. Plusieurs témoins qui ont été acteurs dans la grève et l'occupation d'usine se sont vus licenciés ou ont dû démissionner après mai 68 en raison de leur implication dans le mouvement. Malgré l'occupation de leur usine, les ouvriers ont eu la volonté de protéger leur outil de travail, d'assurer la sécurité des ateliers, la maintenance et la protection de l’outil de travail. 

Les étudiants font partie d’un autre monde pour les ouvriers, ils sont considérés comme des "fils de bourgeois", même si certains étudiants ont des parents ouvriers. Par ailleurs, on apprend dans cet ouvrage, la création de la première crèche sauvage à l’Université pour les mères étudiantes. 

En province, comme les témoins sont loin de Paris, ils leur aient plus difficile de fédérer les gens pour faire grève, c'est ce qu'écrit l'un des témoins. 

Des tentatives de contacts entre ouvriers et monde de la culture ont été mis en oeuvre car il fallait divertir les ouvriers pendant l'occupation : projection de films, bals, conférences, spectacles L'un des témoins ouvrier avait pour tâche de trouver des artistes solidaires qui accepteraient de se produire gratuitement dans l'usine.

Les paysans sont également impliqués dans ce mouvement général. Ils amènent des denrées aux ouvriers et aux étudiants grévistes.

Il y a une partie consacrée aux jeunes en service militaire. Le climat était tendu car il y avait une sorte de révolte face à la hiérarchie et le refus de s'opposer au mouvement étudiant.

Pour beaucoup de témoins, les événements de mai 68 sont à l’origine de leur militantisme dans leur vie quotidienne et dans leur vie professionnelle futures. C'est aussi la découverte d’un nouveau monde et de nouvelles idées pour d'autres.

L'ouvrage est très dense malgré une sélection de témoignages. L'intérêt de cet ouvrage c'est d'avoir le point de vue d'anonymes sur la période mai-juin 68, c'est ce qui m'a particulièrement intéressé. Il y a quelque fois des redites car certains témoins ont vécu la même chose mais pas au même endroit, ni au même âge. La maquette de l'ouvrage est une réussite. Le livre est très bien illustré par des photos d'époque en noir et blanc. 

Merci à Babelio et aux Editions de l'Atelier










dimanche 24 juin 2018

Scones

Cuisine anglaise : Scones
dans le cadre du Mois anglais 
 organisé par Lou et Cryssilda

Ingrédients
225 gr de farine
1 demie cuillère à café de levure chimique
1 cuillère à soupe de cassonade
75 gr de beurre
150 ml de lait

Mélangez la farine, la levure et la cassonade.
Incorporez le beurre découpé en morceaux dans la farine avec les doigts.
Lorsque le mélange se transforme en chapelure, faîte un puits au milieu et versez le lait.
Mélangez avec les mains, faîtes une boule.
Étalez la pâte avec un rouleau à pâtisserie.
Faites des ronds avec un emporte pièce.
Mettez à cuire les scones pendant 20 minutes dans un four chaud à 200°C

Résultat : 













vendredi 22 juin 2018

Sarn de Mary Webb


Livre lu dans le cadre du Mois anglais organisé par Lou et Cryssilda.


Mary Webb, Sarn, Paris : le Livre de Poche, 278 pages

Présentation de l'éditeur Grasset : Sarn est le nom d’un étang, d’une ferme, d’une famille, dans une province reculée de l’Angleterre où les superstitions ancestrales, la sorcellerie ont plus de présence que la réalité des guerres napoléoniennes. A travers l’histoire de Gédéon Sarn, ambitieux et cupide,...



J'ai lu ce roman lorsque j'étais adolescente, j'en avais un très bon souvenir. Il s'agit donc d'une relecture. Avec le recul et surtout avec l'âge, je suis un peu moins enthousiaste qu'à la première lecture. En effet, ce roman a quelque chose de désuet et un peu trop moralisateur. Je ne me souvenais pas qu'il y avait autant de références à Dieu, à ce qui est bon et à ce qui ne l'est pas.

Au début, il est difficile de savoir à quelle époque se déroule le récit mais l'auteur finit par mentionner la bataille de Waterloo (1815). Pourtant, on a l'impression que l'histoire de Sarn est plus antérieure car les mœurs du monde rural paraissent arriérées.

Ce qui est intéressant dans ce récit, c'est la place de la femme dans la société rurale du XIXème siècle et surtout la place des "personnes différentes". Prue Sarn a un bec de lièvre, elle est donc suspecte aux yeux de la communauté. Elle est considérée comme une sorcière qui se transformerait en lièvre la nuit venue. La jeune femme doit faire face à des préjugés et à des moqueries blessantes. 


Son frère quant à lui est un personnage extrêmement torturé sur lequel pèse une malédiction. Gédéon souhaite s'enrichir avant de se marier à la fille du sorcier Beguildy mais tout ce qu'il engendre se finit dans le malheur. 


L'auteur réussit à nous plonger dans un décor idyllique avec de nombreuses descriptions des paysages de la campagne. C'est un bon roman anglais. 







mercredi 20 juin 2018

Haute Fidélité de Nick Hornby

Livre lu dans le cadre du Mois anglais organisé par Lou et Cryssilda.

Nick Hornby, Haute Fidélité, 10 / 18 : Paris, 1999, 245 pages.


Présentation de l'éditeur : Disquaire à Londres, Rob vient de se faire plaquer. À trente ans passés, il doit se rendre à l’évidence : s’il maîtrise le répertoire de Dylan, il n’a jamais rien compris aux femmes. Serait-il passé à côté de l’essentiel ? Depuis son premier flirt autour d’un bac à sable à cette nuit avec une chanteuse country, Rob dresse le top ten de ses ruptures les plus déprimantes et une compilation désopilante des états d’âme de l’homme moderne. 


C'est la deuxième fois que je lis un roman de Nick Hornby. Ma première expérience avec cet auteur c'était avec Vous descendez ?. Mon avis était défavorable. Il en est de même pour ce roman que j'ai failli abandonner en cours de route (Heureusement qu'il y avait le RAT ce week-end sinon je ne l'aurais pas terminé)

D'une part, l'univers de la musique et du disque ne m'ont pas plu. 

D'autre part, le personnage central, Rob est autocentré, c'est vraiment pesant, il fait une sorte d'introspection sur les ruptures qu'il a connues.  

Comme l'histoire se déroule dans le milieu de la musique, il y a de multiples références quand on ne les connaît pas, on est un peu perdu. 

Le seul point positif ce sont les touches d'humour distillées dans le récit. 







lundi 18 juin 2018

Le général du roi de Daphné du Maurier

Lecture commune : un vintage classic (début xxe aux 70's)
dans le cadre du Mois anglais 
 par organisé par Lou et Cryssilda

Daphné du Maurier, Le général du Roi, Le livre de Poche, 435 pages. 

Septembre 1653, une femme sur sa fin de vie, nous raconte son histoire. Il s'agit de Honor Harris de Cornouailles. A ses dix-huit ans, elle rencontre Richard de Grenville, militaire et général du Roi qui la séduit. Suite à un accident Richard et Honor se perdent de vue pour se retrouver quinze ans plus tard sur fond de guerre civile. 

Gatred de Grenville, la soeur de Richard, se marie avec Kit le frère d'Honor. Cette femme est un personnage obscur toujours à la recherche de la richesse et de la moindre opportunité pour s'élever socialement. Honor croisera souvent son chemin. Richard quant à lui est un homme cruel, colérique et excessif mais un lien indissoluble le lie à Honor. En raison de son caractère difficile, il est peu apprécié par ses pairs et par ses proches ce qui l'amènera à sa perte même si l'homme est reconnu pour ses compétences militaires et ses exploits. Il sera toujours fidèle au Roi, jusqu'au-boutiste, il ne trahira jamais sa cause. 

Daphné du Maurier décrit les paysages de Cornouailles avec beaucoup de justesse. Elle nous raconte aussi l'histoire de la Cornouailles au moment de la guerre qui oppose d'un côté les partisans du Roi Charles Ier, de l'autre ceux du Parlement et d'Olivier Cromwell. La population de Cornouailles à tendance royaliste est alors pillée et subit d'énormes destructions.  

Passionnée par l'histoire et par l'Angleterre je connaissais déjà un peu le contexte, cela a donc été facile de s'immerger dans le récit. Daphné du Maurier nous propose un point de vue féminin de la guerre, ce qui est assez original en soit. Elle donne aussi un bon aperçu de la place de la femme dans la société du XVIIème siècle et de la société civile dans la guerre. En effet, tout au long du récit Honor évolue au sein d'un environnement familial où il reste souvent femmes et enfants en attente du retour des hommes partis à la guerre. 

Ce roman m'a portée vers d'autres horizons, je l'ai dévoré. C'est un coup de cœur.