samedi 5 novembre 2011

La trace d'Yvonain de Marie-Hélène Micouin-Lefesvre


Marie-Hélène Micouin-Lefesvre, La Trace d'Yvonain, Paris, Société des Ecrivains, 2011, 290 pages, 

Quatrième de couverture : 

"Au cours du mois de juin 1914, Mathilde et Matthieu, deux paysans beaucerons, donnent l’hospitalité à un inconnu de passage qui répond au nom d’Yvonain Le Quellec. Peu après le départ de leur hôte, leur fils Quentin décède de la peste. Une rapide enquête leur apprend alors que le dit Yvonain se nomme en réalité Yvan Quelovitch et qu’il s’est échappé d’une quarantaine imposée à son bateau dans le port du Havre. Le destin du couple et de "l’assassin" de Quentin, ne vont, dès lors, cesser de s’entrecroiser au gré des nombreuses péripéties que les évènements imposent à leurs vies respectives, avec comme toile de fond la première guerre mondiale. Marie-Hélène Micouin-Lefesvre nous offre un roman historique captivant, fascinant de réalisme car se reposant sur des faits véridiques. Ce récit poignant, à l’échelle d’une vie, évite tout manichéisme grâce à des personnages qui recèlent une grande profondeur de sentiments et une complexité psychologique convaincante. La grande et la petite histoire s’entremêlent pour forger les destins d’une génération emportée contre son gré dans une guerre qui la dépasse. Les trajectoires des différents personnages nous font voyager à travers l’Europe du début du siècle, et brossent un tableau réaliste des milieux qu'ils traversent, des microcosmes qu’ils fréquentent." 


Mon avis

Si vous êtes passionné par l’histoire, ce roman peut vous satisfaire. Marie-Hélène Micouin-Lefesvre a choisi d’intégrer la petite histoire dans la grande histoire. Retracer les évènements et les progrès techniques des années 1910-1920 apporte une touche intéressante au roman même s'il y a quelques maladresses. La quête d'Yvonain, le meurtrier de Quentin, devient alors secondaire.

Matthieu et Mathilde, les personnages principaux, sont obligés de quitter leur campagne pour la ville. Evidemment, ils ressentent de plein fouet le décalage entre leur ancienne vie dans le monde rural et la vie urbaine. Les deux protagonistes sont dépassés par les évènements et surtout par le temps. D’ailleurs, l’auteur a souvent tendance à utiliser des clichés à leur égard. 

Mathilde et Matthieu s’adaptent très vite à la ville et sont pris par les évènements internationaux. De plus, le destin de Matthieu est bien particulier. En effet, c’est un paysan qui va vivre à Paris et travailler dans ce qui le passionne depuis toujours : les locomotives. En outre, Matthieu participe aux manifestions de Jean Jaurès et s’intéresse à l’actualité internationale. Je ne suis pas sûre qu'une personne telle que Matthieu eût existé dans la réalité car basculer du monde rural au monde de la ville n'est pas aussi facile. Certes, l’auteur a des connaissances en histoire mais le lien avec des personnages issus du monde agricole est bien difficile à créer. Même si le but du roman n’est pas de faire une analyse historique mais d'établir une fiction, l’écrivain se borne souvent aux faits.

L’intervention d’une prostituée, Fernande, qui devient une femme rangée me paraît emprunté et le lien qu'elle entretient avec l'assassin est bien léger. La fin de l'histoire est également un peu confuse. L'auteur a beaucoup développé les premières parties de son ouvrage alors que les derniers chapitres sont très courts et non approfondis.

L’auteur a choisi un style descriptif pour son roman, il faut parfois s’accrocher pour lire les descriptions en longueur. Malgré tout, j’ai aimé ce roman car Marie-Hélène Micouin-Lefesvre a su nous plonger dans une quête improbable et nous fait vivre les grands évènements de 1914 à 1919. 

Quelques citations : 

"Et...défilent villages et paysages nouveaux ; Mathilde se désole de voir ces lignes électriques qui font comme une grande rayure dans le paysage, en même temps qu'elle pressent un bouleversement de cette vie rurale et de ces coutumes que lui ont transmises ses ancêtres. Une vision neuve monde l'assaille et la fait rêver. " pp. 64.65

"La petite reine" a gagné sa popularité avec le Tour de France, qui récolte les ovations frénétiques des foules massées le long de son itinéraire ; en ce moment, c'est le jeune belge Philippe Thys qui est à la une de tous les journaux. " p 69

"C'est presque humiliant, pour cette fille de la campagne que de devoir étaler sa vie à une inconnue qui, de toute évidence ne l'écoute que pour cocher des croix en face d'une liste de questions. Ce qui la gêne le plus, en fait, c'est l'anonymat dans lequel elle se trouve engloutie." p 73

Si je devais donner une note sur 5 elle sera de 3,5/5

Merci aux agents littéraires pour cette découverte. Je vous invite à découvrir leur site ci dessous. 

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