dimanche 16 mars 2014

Les corps de l'été

Martin Felipe Castagnet, Les corps de l'été, Paris : Verdier, 2012, Les bilingues Meet.

Quatrième de couverture : "C'est bizarre de se retrouver de l'autre côté : je m'approche de l'écran comme si c'était un aquarium. J'ai su être poisson et maintenant je marche de nouveau sur la terre. La-dedans, il y a beaucoup de mes amis quelques cousins, des collègues de travail. La plupart d''entre eux sont morts peu après moi : d'autres sont morts il y a quelques semaines. La plupart accepteront peut-être un jour de revenir dans un corps ; d'autres ne l'accepteront jamais. "

Les premières pages du roman sont difficiles à comprendre car la quatrième de couverture ne nous éclaire pas vraiment sur l'histoire. Au fil des pages, le narrateur se dévoile. Nous sommes dans un monde futuriste, mais pas très loin du nôtre, où les fonctions cérébrales d'une personne peuvent migrer dans un autre corps mais dans la limite de ses moyens financiers. Ainsi l'Homme peut-il décider de mourir et de disparaître définitivement ou de se réincarner dans un corps disponible ou de rester en flottement ce qui consiste en la  "poursuite de l'activité cérébrale au sein d'un modèle informatique". 

Rama, le narrateur, est mort depuis un moment mais il vient de "brûler un corps", c'est à dire se réincarner dans un corps disponible. Cependant, il s'est installé dans un corps de femme en raison des moyens financiers de sa famille, ce qui pose quelques problèmes puisqu'il se comporte comme un homme dans un corps de femme. Son but est de rencontrer sa descendance et de revoir son ancien meilleur ami. 


On se perd souvent dans l'arbre généalogique de Rama parce que les générations cohabitent. Dans ce nouveau monde, il n'y a peu de morale et peu d'éthique. En effet, on peut tuer gratuitement, se suicider pour changer de sexe ou avoir des relations incestueuses puisque l'esprit est là mais le corps a changé.  Le corps est devenu une marchandise et c'est pour cela que ce livre est assez dérangeant. 


Le plus étonnant sont les prénoms des personnages : Safran, Septembre, comme si le nouveau monde avait choisi de renier les noms propres. Il existe également une hiérarchie sociale entre celui qui a choisi de "brûler un corps" et celui qui a choisi de réinvestir son propre corps. Rama fait l'objet d'une étude "archéologique" car il a connu les "modems" et c'est l'un de premiers à avoir accepter de "brûler" un corps. 


Rama va "brûler" plusieurs corps mais pour quel résultat ? Vous aurez la réponse en lisant ce livre. 


Livre lu dans le cadre du mois Argentine organisé par  Denis et Eimelle







2 commentaires:

  1. un thème particulier...cela fait des lectures très différentes pour ce mois argentin!

    RépondreSupprimer
  2. J'ai pris également ce titre au hasard et c'est une bonne surprise même si le récit est assez dérangeant.

    RépondreSupprimer