jeudi 20 mars 2014

1914-1918, Paris dans la Grande Guerre


Manon Pignot, 1914-1918 Paris dans la grande guerre, Paris : Parigramme, 2014, 192 pages.

Quatrième de couverture : "Mobilisés en pleurs devant la gare de l’Est, femmes dans les usines d’armement, scènes de saccage des magasins supposés allemands, zeppelins échoués aux Champs-Élysées… Les photographies rendent tangibles les réalités multiples de la Grande Guerre à Paris. La ville est confrontée à la pénurie, au deuil de ses enfants tombés au front ; elle est touchée dans sa chair par les bombardements et se voit exhortée à garder la tête haute face à l’adversité. Les contingents en partance pour le front y croisent ceux qui en viennent, blessés ou permissionnaires. Pourtant, les théâtres, les cinémas et les grands cafés continuent d’accueillir une vie mondaine, oisive et frivole. Gardienne de l’honneur national et capitale des plaisirs, Paris oscille en permanence entre les deux images, morale et futile, que le front lui renvoie."

Les photos de cet ouvrage sont toutes accompagnées de textes offrant une analyse pertinente de la vie quotidienne à Paris entre 1914 et 1918. Le livre est divisé en cinq parties, cinq thèmes : la mobilisation, le rythme de la guerre à Paris, les soldats dans la capitale, la culture mondaine et les luttes sociales, la ville de la victoire et du deuil.


L'un des moments forts du livre est l'annonce de la mobilisation, les visages expriment alors l'incertitude et la crainte. Une fois la mobilisation et les premiers mois de guerre passés, c'est l'insouciance qui règne à Paris alors que le front ne se situe qu'à deux cents kilomètres. Les commerçants profitent du conflit pour mettre leur vitrine à l'heure de la guerre. Du marchand de jouets au marchand de chaussures, chacun participe à l'effort de guerre à sa façon. Les femmes prennent également la place des hommes dans les métiers les plus difficiles : à l'abattoir, au ramonage et dans les usines d’armement.

Les permissionnaires découvrent, à leur retour dans la capitale, les "élégants" et les "élégantes" en parade dans les jardins et les cafés. Les Parisiens ne commencent à prendre conscience de la guerre que lorsque leur ville est bombardée, un système d'abris souterrains va se mettre en place au sein de la ville. Certaines photos ont été prises sur le vif, les visages expriment alors beaucoup d'émotions : peur et désespoir des réfugiés, tristesse des femmes endeuillées etc. 

Après avoir refermé ce livre, je me suis demandée ce qu'était devenu cet homme qui embrasse femme et qui pleure avant de partir au front ? Que sont devenus ces enfants qui regardent un spectacle de Guignol pendant que leur mère travaille ? Que ce sont devenus ces soldats à qui on donne à boire ? car il ne faut pas oublier que la Première Guerre Mondiale, ce sont 18.6 millions de morts dans le monde.

Cet ouvrage est intéressant car l'historiographie est très récente. Les vieux clichés, comme le soldat qui part à la guerre avec la fleur au fusil, sont démystifiés. Les photos sont plutôt bien traitées malgré quelques petits défauts d'impression, c'est un bon ouvrage de référence sur la Première Guerre Mondiale.

Merci à Babelio et aux éditions Parigramme





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