vendredi 21 février 2014

D'un rouge incomparable

Véronique Chouraqui, D'un rouge incomparable, TDO Editions, 412 pages, 2014

Quatrième de couverture : "1791, Élisabeth Coste décide d'’adopter une petite fille abandonnée. À cette occasion, elle retrouve Joseph Durand, revenu à Montpellier après plus de 25 ans d’'absence et devenu juge de paix. Leurs retrouvailles les bouleversent. Séparés avant la Révolution par leur différence de statut social, ils le seront, cette fois, par les circonstances politiques. Soeœur d'’un prêtre réfractaire déporté, Élisabeth Coste voit tous ses biens confisqués. Alors que les Espagnols . sont annoncés aux portes de Montpellier et que la rumeur d'’une famine sans précédent s’'amplifie dans une ville déjà « en état de détresse » Élisabeth, acculée financièrement, n’'a qu’'une idée en tête : éviter que sa fille ne meure de faim. Sur les conseils de sa jeune domestique Catherine, elle décide de faire cuire des galettes, « sortes de pain » qui ont la particularité de se conserver très longtemps. Or quelques semaines plus tard la municipalité interdit aux particuliers de conserver de la farine chez eux. Dès lors, Joseph, révolutionnaire convaincu, assiste impuissant au harcèlement judiciaire que subit la femme qu'’il aime. Son amour suffira-t-il à la sauver ? Ses rêves de justice et d’'égalité résisteront-ils à la réalité ?"

En adoptant Marianne, Elisabeth, drapière à Montpellier en 1791, retrouve son amour de jeunesse, Joseph, qu'elle n'a pas revu depuis 25 ans. L'histoire entre les deux personnages est racontée par des "flash-back". Elisabeth et Joseph ont bien plus qu'un passé commun. Ainsi on comprend ce qui les a unis et ce que les a séparés.

Véronique Chouraqui réussit à créer une ambiance oppressante. Elisabeth fait partie des notables de Montpellier. De plus, son frère est un prêtre non assermenté. On imagine facilement quel drame se dessine autour d'elle et de son entourage.

L'auteur a fait un excellent travail de recherche historique sur la période révolutionnaire. Véronique Chouraqui nous décrit avec justesse la Terreur : dénonciations, peines de prison, climat de suspicion et d'oppression. 

Des thème divers et variés sont abordés, comme la condition des femmes à la fin du XVIIIème siècle à travers les personnages féminins du roman. D'autre part, le roman a un côté psychologique qui m'a plu, chaque personnalité est analysée, le contexte spatio-temporel est bien décrit. L'auteur nous donne ainsi un aperçu d'une ville de province à la charnière du XIXème siècle. 

Même si le sujet est grave et dramatique Véronique Chouan n'hésite pas à rajouter quelques touches d'humour à son récit. En voici un exemple concret : "Fait à Montpellier, le 19 germinal an deuxième de la fondation de la République impérissable en séance publique ; Présents : Salsifis Gas, Président ; Betterave Devic , Tournesol Escudier, Raisin Peytal, Junius Jeanjean Greffier [...] L'Histoire retiendra sans doute que des juges courageux, pour montrer leur patriotisme, avaient pris comme seul et unique initiative, le risque énorme de changer leur prénom et de transformer un tribunal en jardin potager." 

Ce premier roman est donc une réussite et je n'hésiterai pas à lire les prochains romans de Véronique Chouraqui. 


Merci à Babelio et à TDO Editions





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