jeudi 24 octobre 2013

Confessions d'un gang de filles

Joyce Carol Oates, Confessions d'un gang de filles, Paris : Stock, 375 pages, 2013.

Quatrième de couverture : "Un quartier populaire d'une petite ville de l'État de New York, les années 1950. Cinq lycéennes, pour survivre et se venger de toutes les humiliations qu'elles ont subies, concluent un pacte, à la vie, à la mort : elles seront le gang Foxfire. "Foxfire" désigne les jolies filles, mais également le feu follet. La haine, et surtout celle des hommes, va les entraîner dans une impitoyable équipée sauvage. Après un séjour en maison de correction, legs, leur chef adulée, revient avec un rêve : pouvoir habiter, toutes ensemble, dans une ferme, et vivre selon leurs propres lois. Mais leur sulfureuse réputation leur créera plus d'un ennemi. Vols de voitures, menaces à main armée, entôlage et, pour finir, kidnapping... Tout cela finira très mal. Dans une langue crue, précise et concrète, Joyce Carol Oates dépeint la "fureur de vivre" des cinq inséparables et leurs accès de générosité envers d'autres déshérités. Comme toujours chez l'auteur de Eux et de Blonde, le Mal est d'autant plus vraisemblable qu'il nous ressemble...


L'hiver dernier, j'ai vu au cinéma Foxfire, confessions d'un gang de filles, adapté du roman éponyme et j'ai eu très envie de le lire pour le mois américain organisé par Noctembule. Le film est fidèle au roman, du moins dans les souvenirs qu'il m'en reste. 

J'ai apprécié le style et le rythme donnés à la narration sauf les litanies (excessives) comme "Foxfire brûle" à force, c'est trop pesant sur la lecture. Joyce Carol Oates a su créer un univers spécifique. En effet, les filles sont des "soeurs", la société et les hommes qui la composent sont "les autres" contre lesquels elles se battent. 

Maddy-Monkey, l'une des fondatrices de Foxfire est la narratrice. Elle raconte l'histoire du gang de sa naissance jusqu'au jour où elle décide de le quitter avant qu'il ne soit trop tard. Des mots sont écrits en majuscule dans le texte pour marquer leur importance aux yeux du gang, par exemple "Finances", c'est une question puis finalement un problème qui se pose dans la vie en communauté.

L'auteur situe son histoire dans les années cinquante aux Etats-Unis. Les femmes dépendent encore des hommes. Ces adolescentes, issues des quartiers pauvres, sont d'autant plus touchées par la discrimination et la violence. L'originalité de ce gang réside dans le fait qu'elles ne dépendent pas d'un gang de garçons, ce qui est une exception à la règle. 

Un rituel est organisé pour l'entrée à Foxfire, c'est une cérémonie qui tourne à la biture  Les filles sont obligées de se tatouer la flamme du gang. Elles portent également des vêtements qui permettent de les identifier, c'est la "marque" Foxfire. 

Legs est le pillier du groupe, c'est un repère pour ces adolescentes en perdition.  Joyce Carol Oates nous décrit avec précision les profils psychologiques et physiques de chaque protagoniste. Même si, ces jeunes femmes souhaitent s'affranchir de la société, elles dépendent énormément de Legs, quelque soit leur caractère. La violence s’accroît au fil des pages jusqu'à l'issue tragique. 

Le style de Joyce Carol Oates peut paraître un peu déroutant au départ, mais le lecteur est rapidement pris par le feu de l'action. Je suis plutôt satisfaite de cette lecture même si j'en connaissais déjà le dénouement.



3 commentaires:

  1. Oates est un de mes auteurs préférés! Je n'ai pas lu celui-ci. J'ai adoré Les chutes, La fille tatouée ou encore Nous étions les Mulvaney. Mon prochain sera La fille du fossoyeur. C'est une auteure qui a un style particulier, qui s'adapte toujours à l'histoire qu'elle raconte. ses personnages sont toujours complexes, profonds. un vrai régal pour moi!

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    1. Je n'avais jamais lu de roman de Joyce Carol Oates c'est une vraie découverte, je lirai d'autres romans de cet auteur c'est certain.

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